agrandir le texte retrecir le texte

8 mars Journée Internationale des Droits des Femmes

Dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes, la ville de Saint André vous propose de découvrir durant 10 jours le portrait de ces Femmes dans leur quotidien. Elles sont mère au foyer, artiste, agricultrice, présidente d’association, elles ont toutes décidé de faire de leur vie de femme un Combat !
Malgré l’évolution de la société, il existe encore à ce jour des inégalités entre les hommes et les femmes.
Ne laissons pas ces inégalités se poursuivre et devenons tous des acteurs de cette lutte. Notre façon de parler, de penser et d’agir au quotidien peut être source de changement et profitera à tous !
Soyons et devenons la société de Demain !
Très Belle Journée de la Femme à tous !
#VilledeSaintAndré
#Touségaux
#Droitdevant

MIREILLE OULEDI : maman investie et travailleuse méritante

Mireille OULEDI, 65 ans, maman de 5 enfants, est une dame de prime abord timide et réservée, mais se révèle être une personne chaleureuse et bienveillante. Elle est aujourd’hui retraitée de la Mairie de Saint-André où elle a officié pendant 18 années.
Mireille a commencé à travailler dès l’âge de 17 ans en tant qu’agent d’entretien, grâce à Pôle Emploi, elle tient à le préciser et indique « … à l’époque, il était plus facile de trouver un travail que de nos jours ! ».

Après 3 années passées au service de particuliers, elle va mettre sa vie professionnelle entre parenthèses, dès sa première grossesse, pour se consacrer à sa vie familiale.
Dix ans plus tard, elle reprend le chemin du travail, toujours auprès des particuliers, tout en exerçant son rôle de mère de famille et en s’investissant dans l’éducation de ses enfants. Pendant seize années, elle continuera de mener de front son travail de femme de ménage et son métier de mère de famille. Car oui, être maman, c’est un métier à part entière et Mireille n’a de cesse de poursuivre ses objectifs de rendre ses enfants heureux et de leur inculquer les valeurs dont elle a hérité.

Les années passent et Mireille travaille toujours pour des familles et c’est seulement à l’âge de 46 ans qu’elle obtient un Contrat à Durée Déterminée à la Mairie de Saint-André, à la Médiathèque Auguste Lacaussade. Un contrat qui s’est ensuite transformé en Contrat à Durée Indéterminée au fil des années au vu de son sérieux et de son investissement.

Même si cela était intéressant et plaisant de travailler chez des particuliers, avec lesquels des liens se sont créés, Mireille a préféré le travail avec ses collègues à la médiathèque, car il y avait un esprit d’équipe, elle se sentait entourée et le travail était partagé.

Il est vrai que le métier d’agent d’entretien est souvent sous-estimé, mais Mireille n’a pas connue de discrimination ni de difficultés par rapport à cela. Au contraire, ce fut pour elle de belles années lui permettant de vivre une expérience enrichissante et où de par sa bienveillance et sa rigueur dans le travail, elle a su gagner le respect de tous.
Au fil du temps, Mireille a vu la société évoluer et se moderniser. Elle ne peut s’empêcher de parler avec engouement de l’arrivée des nouvelles technologies et de l’apparition des appareils électro-ménagers qui sont venus soulager le dur labeur des femmes.

Elle évoque avec enthousiasme la démocratisation de la machine à laver ou encore de l’aspirateur qui lui ont fait gagner du temps pour se consacrer à d’autres activités et qui lui ont permis d’être moins fatiguée physiquement. Effectivement, avec 5 enfants à la maison, laver les vêtements de toute la famille à la main s’avérait épuisant. Comme elle le dit avec humour : « Maintenant on appuie sur un bouton et c’est parti ! »
Une autre révolution dans sa vie fut le permis de conduire. Jeune, elle rencontrait des difficultés financières et ce n’était pas évident d’y prétendre. Mais l’obtenir était primordial pour mieux se débrouiller dans la vie de tous les jours et surtout pour se rendre plus facilement à son travail. Comme elle l’explique : « Maintenant avoir le permis est une chose banale, mais avant c’était vraiment très important. Pas tout le monde avait la chance de l’avoir... » Mais, elle confie, avec soulagement, que l’examen était plus facile avant : « car il n’y avait pas encore de rond-point ni de 4 voies à l’époque ».

Elle se réjouit de voir que la place de la femme réunionnaise s’améliore considérablement dans la société. Elle voit avec plaisir l’ascension des femmes à des postes à responsabilités et éprouve une réelle satisfaction de voir évoluer le statut féminin, que ce soit dans le monde du travail, en politique ou dans d’autres domaines qui semblaient inaccessibles. Aujourd’hui, des femmes occupent des fonctions auparavant réservées aux hommes, comme dans le milieu du bâtiment par exemple, et elle en est fière.

Maintenant à la retraite, Mireille n’a pas le temps de s’ennuyer, elle s’adonne à sa passion développée à la médiathèque : la lecture. Elle aime également aller danser quand c’est possible et elle profite pleinement de sa famille. Cependant, dans le contexte sanitaire actuel, elle ne voit ses petits-enfants qu’à travers les réseaux sociaux. C’est une situation assez démoralisante car elle les voyait quasiment tous les jours avant l’épidémie. Mais elle a décidé d’accepter sereinement la situation et de s’y habituer. Elle n’a pas de craintes particulières au regard du contexte actuel mais elle encourage fortement le respect des règles sanitaires pour que tout se passe bien. Elle rajoute, pleine de sagesse : « Il ne faut pas se focaliser sur le coronavirus car on risque de devenir fou ».

Enfin, Mireille souhaiterait adresser ce message aux jeunes : « Dans la vie il y a des hauts et des bas, il ne faut jamais baisser les bras, même si un métier n’est pas forcément facile tous les jours, il faut être courageux ». Et comme elle a souvent l’habitude de le dire : « Tienbo larg pas, ti pa ti pa narivé » .


Odette PONCET : militante engagée dans la lutte des violences faites aux femmes

Odette PONCET est née en 1941 dans le département de la Loire, au sein d’une famille nombreuse de 3 filles et 6 garçons. Adolescente, elle voit 5 de ses frères partir combattre à la guerre d’Algérie. C’est une période où la vie n’est pas facile et pour subvenir à ses propres besoins elle doit enchaîner les petits boulots dès l’âge de 18 ans. Deux ans plus tard, elle intègre les effectifs de la Poste.

En juillet 1961, la vie lui sourit, elle réussit à un concours lui permettant d’intégrer la Poste à Paris, au centre de chèques, grosse usine de travail à la chaîne composée de 99% de femmes. Elle côtoie ainsi ses consoeurs au quotidien et se rend compte des nombreuses difficultés qu’elles doivent régulièrement affronter et constate avec tristesse la déshumanisation de leur condition. Cette prise de conscience la pousse à s’investir dans diverses luttes notamment dans celles pour le droit à l’avortement et aux contraceptions et aussi dans celles qui véhiculent, à l’époque, le message fort « mon corps m’appartient ».

En 1985, Odette PONCET est mutée à la Direction de la Poste de La Réunion, en tant que contrôleur au service des mutations de Saint-Denis. Elle devient conseillère financière de 1992 à 1997 et exerce à Saint-André. Elle s’investit dans la vie sociale de sa nouvelle commune, et travaille à la construction de l’Association Femmes Solid’air, investie auprès des femmes en difficultés. L’association est créée en 2004 et cofondatrice, elle en deviendra la présidente quelques années plus tard.

A la retraite depuis 1997, elle accompagne quotidiennement les femmes victimes de violences, parfois extrêmes. Elle se rend compte que les témoignages de violences se multiplient, et que le phénomène révèle un vrai problème sociétal. La Préfecture fait état de 6 faits de violence enregistrés par jour, ce qui est énorme et nécessite diverses interventions. Les actions des associations dont celles de « Femmes solid’air », qui portent les faits sur la place publique et exhortent les institutions à réagir sont ainsi mises en avant. Mais Odette PONCET salue surtout la bravoure des femmes courage car ce sont elles qui luttent quotidiennement pour rester en vie.

Elle est présente pour ces femmes, les accompagnent dans les différentes démarches nécessaires mais elle est aussi présente auprès de leurs enfants qui sont eux même des victimes. C’est pour cela qu’elle mène un travail de prévention auprès de toutes les populations. Elle intervient auprès des plus jeunes dans les collèges et les lycées dans l’objectif de voir diminuer les inégalités entre garçons et filles.

A ces jeunes, elle leur demande de ne pas se laisser influencer, de ne pas reproduire les mêmes schémas, et surtout de développer leur propre personnalité pour ne pas prendre les mauvais chemins. Même si la vie est difficile, il est important de croire en soi pour aller au-delà de ses limites et Oser. Il faut rester positif, se prendre véritablement en charge pour aller mieux et comme elle le dit souvent « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Elle insiste sur la nécessité pour eux de s’aérer l’esprit en allant au stade, « à Sarda Garriga par exemple », lieu vivant et très convivial où elle-même se rend régulièrement pour y faire de la marche.

Même si Odette est toujours présente pour les autres et est de tous les combats, elle a personnellement mené une lutte tenace contre la maladie. Elle s’est battue contre 2 cancers, et a mis toute sa détermination et sa positivité pour sortir victorieuse de cette épreuve.

Cette expérience douloureuse, loin de l’abattre, la pousse à prendre davantage de risque dans ses combats quotidiens, aussi bien personnels que pour la cause des droits des femmes et elle affirme : « Si vous ne prenez pas de risques, vous ne vivez pas… ».
Son rêve serait qu’il y ait plus de lieux communs et solidaires où tout le monde puisse se retrouver et où chacun s’accomplisse et s’assume quel que soit l’âge, le sexe, la personnalité, les origines (natales ou sexuelles), des lieux précurseurs d’un monde sans discrimination…


Katy TOAVE : Maloya dan’ker, Maloya dan’kor : Fanm’Maloya !

Maman épanouie de 2 enfants, Katy TOAVE est une artiste rayonnante qui cultive les talents : chanteuse, auteur, compositeur, interprète et chorégraphe. Leader du groupe Simangavole, depuis maintenant 20 ans, elle est directrice artistique du groupe de danse Maloya dann’ kor depuis 5 ans mais elle dispense aussi des cours de maloya dans le Nord de l’Ile. Même si cela exige du temps et de l’investissement, elle concilie admirablement sa vie familiale et sa vie artistique.

Pourtant, il y a quelques années encore, le maloya était un terme inconnu pour elle. Les chemins de vie de ses parents réunionnais feront que Katy voit le jour en Alsace. Elle découvre l’Ile et sa culture à l’âge de 8 ans en venant en vacances puis y revient adolescente. Elle y fera alors ses années de collège et de lycée mais regagnera ensuite sa ville natale. Enfin, en 1998, elle décide de s’installer définitivement dans l’Ile et trouve un poste de conseillère à Pôle Emploi, qu’elle exerce depuis.

En parallèle, Katy s’investit dans le travail artistique. La famille de sa mère pratiquait le maloya et le service kabaré et cela l’inspire. Elle débarque alors dans un milieu qu’elle qualifie de magique. C’est ainsi qu’elle prend goût à la musique et surtout au maloya, univers dans lequel elle cherche à comprendre la culture et l’identité de l’Ile. Pour Katy, le maloya ne s’arrête pas à un genre musical, c’est beaucoup plus profond et puissant …Cela lui a permis de revendiquer et de construire son identité réunionnaise.

Evoluer dans ce milieu lui permet de rencontrer d’autres femmes auprès desquelles, elle joue un rôle d’animatrice socio-culturelle, cela, dans le cadre du combat qu’elle mène pour la défense des droits des femmes et pour leur émancipation. Elle affirme que la femme réunionnaise est une femme forte mais qui ne s’en rend pas toujours compte. Elle peut et doit continuer à s’imposer dans la société malgré les difficultés. Pour elle, « FANM I DEBOUT’ » : chacune connaît des hauts et des bas dans sa vie mais c’est important de puiser la force en soi pour rester debout. 

Un monde où règnerait une égalité des droits entre l’homme et la femme serait pour Katy le monde idéal. Il est important que la femme soit autant considérée que l’homme et qu’elle prenne conscience de sa vraie valeur. Certes, les femmes réclament des droits, comme l’égalité des salaires par exemple, c’est un fait de société, mais il y a certains droits dont beaucoup de femmes se privent elles-mêmes parce qu’elles ont ce regard sur la société qui induit : « je suis une femme, je n’ai pas le droit de faire telle ou telle chose… » . Katy continue : « Il faut faire sauter toutes ces barrières et se donner le droit d’être libre dans ses choix, son discours, son physique, dans son corps et dans sa tête. »

La place de la femme doit être au même niveau que celle des hommes, que ce soit humainement, professionnellement ou culturellement parlant. Mais Katy constate quand même qu’il y a eu une évolution au fil des années et que la femme réunionnaise est de plus en plus émancipée, qu’elle s’impose de plus en plus dans le milieu professionnel, culturel tout en commençant à prendre une place dans le milieu politique. Toutefois, elle tient à préciser qu’elle est reconnaissante et fière d’avoir pu bénéficier d’encouragements de la part d’artistes masculins.

Katy souhaite aujourd’hui envoyer un message aux plus jeunes : « Il est important de croire en soi. Quand on veut quelque chose il faut vraiment être déterminé et travailler pour y arriver, tout en respectant son environnement et la société. »


Hadidja MOEGNI : maman comblée et amoureuse de la vie

La cinquantaine épanouie, Hadidja MOEGNI dégage dans son sillage le parfum d’une plénitude réconfortante qui fait d’elle une femme attachante. Elle est née et a grandi à Mayotte et n’a pas eu à l’époque la chance de pouvoir apprendre à lire et à écrire. Mais cela n’a pas été un frein à la réussite de sa jeune vie qui s’avère plutôt heureuse. Elle est au comble du bonheur lorsqu’à ses 18 ans, son mariage est célébré.

Le temps passe, et une ombre vient ternir le beau tableau de sa vie : après 14 années de mariage, Hadidja n’a toujours pas d’enfant. Force est de constater qu’elle rencontre des difficultés pour avoir le bébé tant désiré.

En 1993, avec son mari, elle décide de venir à l’Ile de la Réunion pour y suivre un traitement. La période qui suit est difficile, car en plus du dépaysement, le traitement n’est pas aussi concluant qu’elle aurait souhaité. Mais elle tient le coup et s’accroche et sa ténacité finit par payer 2 ans plus tard. A l’âge de 32 ans, son vœu le plus cher est exaucé : elle met au monde son premier enfant.

Aujourd’hui, Hadidja est la maman comblée de 3 enfants, âgés respectivement de 25, 20 et 18 ans. Donner naissance à 3 reprises a été pour elle un évènement miraculeux qui a marqué sa vie de femme et qui restera à jamais gravé dans sa mémoire. L’attente a été longue, le traitement pas si évident mais la persévérance a payé.

Venir habiter à La Réunion a donc été un tournant dans sa vie. A son arrivée, au vu de ses difficultés pour lire et écrire, voire s’exprimer en français, elle avait besoin d’aide dans ses démarches administratives et décide alors d’adhérer à l’association « Espoir des îles ». L’accompagnement de l’association lui a été d’un grand secours. Elle y est toujours adhérente et participe aux différentes activités, même si maintenant, sur le plan administratif, l’aide de ses enfants s’est substituée à celle de de l’association.

Même si elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école, Hadidja a toujours la volonté d’apprendre et aujourd’hui, ses précieux enfants répondent présents et l’initient à la lecture et à l’écriture. Elle met donc en avant l’importance des études car : « il est nécessaire de partir à l’école pour avoir une meilleure vie ». Toutefois, philosophe, Hadidja affirme n’avoir aucun regret car elle considère qu’elle a réussi sa vie puisqu’elle est en bonne santé et qu’elle a la chance d’avoir un mari bienveillant et des enfants honorables qui la respectent.

Cette notion de respect est très important car pour elle, le monde idéal serait un monde où les hommes et femmes se respectent. « Sans respect, on ne vit pas. ».
Hadidja constate que la place de la femme en général et celle de la femme mahoraise en particulier a évolué dans la société car avant : « Les femmes devaient rester à la maison pour faire la cuisine et les tâches ménagères ». Mais de nos jours, la femme trouve sa place dans le monde du travail ou en politique et elle s’en réjouit.

Aujourd’hui, maman au foyer et ses enfants devenus grands, Hadidja s’investit énormément dans l’Association Espoir des Iles dont elle est devenue la vice-présidente. Elle donne des cours de chants et de danses traditionnelles de Mayotte, s’adonne à la couture, aide à son tour, celles qui en ont besoin et n’a de cesse de communiquer sa joie de vivre autour d’elle.



Julie AMOURDOM : femme libre dans sa tête, femme libre dans ses choix

Julie a 48 ans, elle a grandi entourée de ses 2 sœurs et de ses 3 frères et est aujourd’hui la maman épanouie de 2 enfants.
Elle passe un bac F1, construction mécanique et est la seule fille de sa classe. Au lycée, elle est en sport étude cycliste et là encore, elle est la seule fille. 

Julie a su saisir les opportunités qui s’offraient à elle, et c’est ainsi qu’elle passe un CAP fleuriste à Saint-Gilles les Hauts, travaille chez une fleuriste à Saint-Denis pendant 8 ans, est lauréate de la Coupe de la Réunion des fleuristes deux années consécutives et participe même à la Coupe de France.

Elle explique que malgré les apparences, elle évolue dans un monde d’hommes et a su se faire une place autour d’autres fleuristes de renom.
Avec humour, elle raconte que lorsqu’elle a décidé de travailler à son compte, elle était enceinte et n’avait alors qu’une petite utilitaire et un réfrigérateur. 

Son talent, et probablement sa personnalité, font d’elle une fleuriste connue et reconnue, et pendant plus de 27 ans, elle va travailler avec passion, allant jusqu’à décorer 7 mariages par week-end et les plus grandes chambres d’hôtels pour des personnalités telles que François Hollande ou Nicolas Sarkozy. 

C’est avec émotion qu’elle évoque la perte de sa sœur aînée et le ton jusqu’ici léger devient un peu plus grave quand elle aborde le sujet de sa maladie, un cancer du sein dépisté en 2015. 

Cette épreuve marque un tournant important de sa vie. Elle arrête de travailler et voyage beaucoup, seule ou avec ses enfants. Elle se sépare aussi de leur père, mais quand elle parle de ce dernier, on sent un profond respect et de la tendresse pour cet homme qui l’a toujours soutenue dans ses projets. D’ailleurs, à l’inverse d’un couple "traditionnel", c’est lui qui s’occupait des papiers administratifs et des enfants. 
Sa force et son courage viennent de sa famille mais également de ses amis. « J’ai de la chance d’avoir des amis fidèles sur qui je peux compter et qui me sont très chers. Ils ont toujours été là pour me soutenir, et sont présents dans les moments difficiles comme dans les moments heureux. »

Julie a toujours été une femme libre, et qu’importe les préjugés et les mentalités, elle a toujours fait ce qui lui convenait et incite les jeunes femmes à être indépendantes, et à revendiquer ces droits qui dans d’autres pays n’existent pas. 

Elle insiste aussi sur l’importance de se faire dépister : mammographie, frottis... car "il n’y a pas d’âge…".

Bonne continuation à Julie, femme accomplie et pleine de peps qui vogue vers le nouveau projet d’ouvrir une maison d’hôtes. 


Marie Daisy PAUSE :une battante dans l’âme

Marie Daisy PAUSE, 59 ans, mère de 3 enfants est accueillante familiale pour personnes âgées et/ou porteurs d’handicap.

Abandonnée par ses parents à l’âge de 6 mois, elle a été élevée par des proches. Quelques années s’écoulent et sans le savoir, elle croise de temps à autre sa mère. Ce n’est qu’à l’âge de 6 ans qu’on lui avouera la vérité, que c’était bien elle. Le manque paternel commence aussi à se faire sentir et dès l’adolescence, Daisy va mener sa petite enquête. Elle entame ainsi des recherches qui vont porter leurs fruits puisqu’elle réussit à avoir l’identité de son père et part à sa rencontre à 14 ans.

C’est d’ailleurs à cet âge-là qu’elle commence à travailler en faisant du ménage chez des particuliers et à partir de ses 20 ans, tout en gardant ce travail de jour, le soir elle s’occupe avec plaisir des personnes âgées de la famille. C’est de là que va naître sa vocation et cette envie d’aider les autres qui vont la diriger bien plus tard, vers l’accueil familial. En attendant, face aux difficultés de la vie, elle cumulera 2 postes différents, celui de surveillante et celui de cantinière et cela pendant 13 années.

Arrive un moment où le désir d’être indépendante, de travailler à son compte, et surtout d’exercer le métier axé sur l’humain dont elle rêve, devient plus fort. Elle décide alors de se lancer, passe par plusieurs étapes, rencontre plusieurs personnes dans le but de valider ses années d’expériences et monte un dossier qui sera ensuite validé par le Département. C’est ainsi qu’en 2008, à l’âge de 47 ans, qu’elle devient officiellement accueillante familiale pour personnes âgées et/ou porteurs d’handicap.

Travailler toutes ces années auprès des personnes âgées lui a permis de développer une certaine empathie et l’envie d’aider ses pensionnaires à maintenir leur autonomie et à les apporter une vraie vie sociale dans un cadre familial. L’important pour elle est de les procurer un certain bien-être, et de les accompagner pour qu’ils restent le plus longtemps possible autonomes. « Ce qui a été une fierté pour moi, en tant que femme accomplie, c’est d’avoir pu accompagner les personnes jusqu’à leur fin de vie dans l’amour et le respect » avoue Daisy. Sa force, elle la puise dans son propre vécu, se souvient qu’elle a pu sortir de situations financières ou autres compliquées mais avoir réussi seule. En dépit des obstacles, elle a su construire une famille et une vie professionnelle.

Elle qui n’a pourtant pas connu l’affection de parents, elle demande aux jeunes de respecter leurs parents, de prendre soin d’eux et de prendre conscience de leur importance. Mais elle veut aussi apporter cet autre message : « Si nous avons un rêve, il est important d’y croire et de se donner les moyens pour y arriver. Quand on le veut, on peut. D’ailleurs, face à une difficulté nous avons tous le choix, soit on baisse les bras et on abandonne, soit on décide de survivre et de relever la tête. La volonté et la persévérance : voici les éléments clés. ».

Daisy rêve d’un monde où il y aurait moins d’inégalités entre les femmes et les hommes et surtout moins de violence. Une femme devrait mériter autant de considération qu’un homme car une femme peut être indépendante, se débrouiller seule et s’adapter à n’importe quelle situation. D’ailleurs, elle a fait de la devise figurant sur les armoiries de la ville de Saint-André « Je fleurirai partout où je serai plantée (Florebo quocumque ferar) », la sienne


Fanny TECHER, championne d’escalade de vitesse : l’esprit de la gagne

Fanny TECHER, 20 ans, grimpeuse internationale est une championne d’escalade qui porte haut les couleurs de Saint-André. Elle fait ses premiers podiums dans les années 2015-2016 et enchaîne vite les titres en escalade de vitesse : championne de France jeunes et sénior, vice- championne d’Europe et se classe 11e au championnat du Monde.

Débordante d’énergie, c’est très tôt que la jeune Fanny fait de la nature son terrain de jeu favori : courir dans les champs et grimper aux arbres avec son frère et ses amis sont des activités qui vont vite faire partie de son quotidien. La maison familiale du chemin Lefaguyès entourée de champs de cannes lui fournira le cadre idéal pour aller à l’assaut des rocs et des grands arbres.

Pour canaliser ce trop plein d’énergie, ses parents vont très vite l’inscrire à divers sports mais c’est lors d’un cours de gymnastique qu’elle découvre à proximité un mur d’escalade et qu’elle prend conscience que c’est ce sport qui répond le mieux à ses attentes.

Fanny suit sa scolarité d’abord à l’école Saint-Clair Agénor, puis pour l’option escalade au collège Joseph Bédier et au lycée Sarda Garriga et intégrera l’équipe régionale d’escalade.

A la Réunion, les murs d’escalades n’étant pas adaptés pour le haut niveau, durant ses années de collège et de lycée, Fanny se déplacera ponctuellement en métropole pour les compétitions et bien des fois elle devra manquer les cours. Loin des siens, loin de son île, Fanny va devoir mener de front un double combat pour réussir ses études et pour réussir dans l’équipe régionale. Les entraînements sont durs, les trajets longs, elle rentre le soir harassée. Mais pour arriver au haut niveau, Fanny ne lâche rien, elle s’accroche et sa passion de l’escalade reprend toujours le dessus. Le découragement et l’envie de tout plaquer l’ont parfois envahie mais outre sa ténacité et le soutien indéfectible de ses parents, elle a pu également compter sur ses équipiers. C’est avec émotion qu’elle évoque l’exemple des frères Mawem, Bassa et Mickaël qui l’ont inspirée et aidée. L’un serrait les dents et venait s’entraîner avec une côte fêlée, l’autre était dans l’effort permanent pour suivre son propre parcours mais trouvait malgré tout le temps pour la conseiller et l’entraîner… « On ne naît pas champion, on le devient grâce à nos combats perpétuels » déclare Fanny.

Le fait de pouvoir s’entraîner chaque week-end avec ses camarades de La Réunion a été sa bouffée d’oxygène et cette proximité a créé cet esprit de la gagne et de solidarité dans l’équipe régionale.

Après le baccalauréat Fanny a dû partir en métropole pour ses études d’ostéopathie. Elle a profité des déplacements pour les compétitions pour se rendre aux entretiens. Elle a eu le choix de plusieurs écoles mais a choisi le Centre Internationale d’Ostéopathie de Saint-Etienne où la clinique intégrée à l’équipement, lui permet d’allier les cours pratiques et les cours théoriques. En parallèle à sa scolarité, elle s’adonne à l’escalade « au naturel », fait des randonnées ou pratique l’équitation ou le volley, dès que le temps le lui permet.

Depuis 3ans, Fanny a dû mettre ainsi, entre parenthèses, l’entraînement de haut niveau pour les études qui vont durer encore trois ans. Après son diplôme, Fanny compte bien revenir exercer dans son île et surtout reprendre la compétition, car le manque est grand, l’esprit de compétition ne la quitte jamais et ne demande qu’à s’épanouir.
Dans le milieu de l’escalade, Fanny souligne l’existence d’un certain équilibre dans la relation hommes / femmes. Elle a eu la chance de bénéficier du soutien et des encouragements de ses homologues masculins pour avancer.

Cependant, Fanny, a dû faire face aussi à des comportements machistes ailleurs, mais elle a pris la décision de ne jamais relever les propos, ni d’entrer dans le jeu de ceux qui attaquent. Une femme est aussi capable qu’un homme dans certains milieux et il lui faut du courage, du mérite et de la force pour ne pas céder et avancer. Selon elle : « Il ne faut pas se laisser diminuer par les réactions négatives et toujours aller de l’avant avec des choses positives ... Tout est possible quand on n’est pas dans la demi-mesure et quand on n’a pas peur d’affronter les galères et les aléas de la vie Les petits poissons peuvent manger les gros ! ou comme aime à dire mon père Ti hache i coupe gro boi ».

Fanny admire le personnage de Black Widow dans la série des « Avengers » : une femme dans un groupe d’hommes, mais une femme qui n’a peur de rien… un peu à son image lorsque qu’elle se bat pour grimper encore plus haut…


Anita TUREL : Pour l’amour du sport

Mme Anita TUREL est la maman, la grand-mère et l’arrière- grand-mère comblées de 4 enfants, de 8 petits-enfants, et d’une arrière- petite fille.
Après un bac Littéraire, elle se dirige vers des études de comptabilité commence à travailler dès l’âge de 19 ans en tant qu’aide comptable et exerce dans cette branche jusqu’à sa retraite. En 2017, elle finit sa carrière professionnelle dans le grade de chef comptable.

Passionnée de sport, Anita commence la pratique du hand-ball à l’âge de 12 ans et joue dans différents clubs de Saint-André et d’autres villes de 1967 à 1980. A la naissance de son 2e fils, elle décide d’arrêter de jouer pour se consacrer à sa vie familiale et à l’éducation de ses enfants. C’est à cette époque, à la rencontre des dirigeants de clubs qu’elle va intégrer les véritables valeurs du sport : respect, considération, bienveillance, empathie, solidarité et tolérance. Ces valeurs vont guider sa ligne de conduite.

En 1982, jeune maman, elle commence à faire du bénévolat dans une association de football en s’occupant de l’organisation, des repas, des vêtements, etc…Face à la forte demande des jeunes de quartiers, elle va ouvrir un club d’inter-quartiers qu’elle baptisera Star football club . Anita finira par quitter ce club quelques années plus tard pour intégrer les bureaux de l’Office Municipal des Sports de Saint-André qui gérait à l’époque tous les clubs d’inter-quartiers.

En 1991, elle devient Présidente du club Jeunesse Sportive Champ-Bornoise. et y consacre 4 années de sa vie. Elle devient ensuite membre fondatrice et Présidente de l’Olympique club de Saint-André en 1995. Mais ce n’est qu’en 2010 que le nom « Les Léopards » viendra officiellement compléter le nom de ce club.
Depuis la création de l’association, Anita a toujours eu à cœur de s’y investir avec la passion qui la caractérise. Au départ, le club démarre avec 100 joueurs et atteint son plus fort pic d’adhérents avec 500 licenciés. Mais elle précise qu’elle n’a jamais été seule pour faire fonctionner son club. Elle pense à toutes les personnes qui ont toujours été présentes pour elle et qui l’ont aidé, comme, les entraîneurs, les arbitres, les guichetiers… personnes admirables à ses yeux. Pour elles ces acteurs qui travaillent dans l’ombre, à raison de plus de 8 heures par semaine, ne sont pas assez mis en avant. Anita insiste : « Seul nous ne sommes rien, ensemble nous sommes tout. Il faut être solidaire car le football n’est pas une affaire personnelle, l’Unité est le maître mot ». Pour information, aujourd’hui, le nombre d’adhérents du club est en moyenne de 350.

Grâce aux propositions innovantes d’Anita, l’association connaît une perpétuelle évolution. En début d’année elle a mis en place « Les gayars du foot »une pratique pour les plus de 50 ans, les personnes porteuses de handicap et les mamans (fitfoot). Cette activité sans enjeu de compétition, n’a qu’un seul but, celui de permettre aux adhérents de s’amuser et de prendre du plaisir. Toutefois, la crise sanitaire a freiné quelque peu les débuts de cette pratique.

Anita est remplie de fierté devant le travail accompli quand elle voit l’évolution et la réussite des joueurs. Elle cite l’exemple d’un jeune de 15 ans retenu en sélection de France ou encore un autre de 17 ans qui a signé un contrat de stage professionnel à Montpellier. Quand la situation le permet, elle favorise le voyage des jeunes pour leur permettre d’assister à des tournois internationaux afin de parfaire leur éducation sportive. Pendant les vacances scolaires, elle leurs propose également des stages, ateliers, sorties, activités ludiques etc.

Elle se félicite de la continuité intergénérationnelle du club étant donné que les adhérents ramènent leurs propres enfants et s’impliquent réellement dans la vie de l’association. La pérennité du club lui tient énormément à cœur et son vœu est de pouvoir passer le flambeau à quelqu’un de confiance, le moment venu.

Par ailleurs, Anita et son association mènent chaque année des actions pour soutenir des causes humanitaires telles que le Téléthon par exemple. Le but est d’organiser des tournois permettant de récolter des fonds pour la cause soutenue.
Après toutes ces années passées dans le monde du sport, Anita constate que la femme prend enfin sa place dans ce domaine. « Auparavant, lors des Assemblées de la ligue, j’étais la seule femme. Maintenant, il y en a beaucoup plus » confie-t-elle d’un air satisfait. Elle incarne ainsi l’exemple de la femme qui a su concilier passion et vie familiale.

A court terme, le souhait le plus cher d’Anita serait d’amener les séniors masculins et féminins à se faire leur place dans l’élite de l’Île et d’y rester. « Et là je pourrais partir l’esprit tranquille » conclue-t-elle.


Céliane VIRASSAMY : l’amour inconditionnel de la terre

Céliane VIRASSAMY est la maman de 2 enfants et la grand-mère comblée de 4 petits-enfants. Son fils de 32 ans, qui a repris le garage familial et sa fille, de 27 ans, qui travaille à Paris, font sa fierté et sa force. La réussite et le bien-être de ces derniers font d’elle une maman épanouie.

A l’âge de 18 ans, elle débute dans le monde du travail chez un fleuriste et y restera pendant 2 ans. Elle se consacrera ensuite à la couture à domicile, un passe-temps qui lui permet agréablement d’arrondir ses fins de mois.

Les années passent, Céliane se marie et commence à travailler dans l’entreprise de son époux. Pendant 30 ans, elle s’occupe donc de la gestion du garage et touche aussi à la mécanique. Même si le travail est très prenant, Céliane s’accorde le temps pour s’occuper de ses plantes, une priorité dans sa vie. Ajouté à cela, elle arrive même à suivre différentes formations agricoles qui lui permettront de devenir officiellement exploitante agricole en 2012. Mais ce n’est qu’en 2018, lorsque son mari prend sa retraite qu’elle se décide de se lancer à plein temps dans sa passion pour l’agriculture. Durant la même année, elle suivra même une formation d’apicultrice.

Au fil des ans, ses compétences évoluent et son champ d’activité s’élargie aux plantes médicinales. Céliane éprouve une grande fierté à fabriquer et transformer elle-même ses produits : huile de coco, miel, crème de patate douce ou encore galabé.

Elle aspire à une certaine autonomie alimentaire et précise avec satisfaction « Mon jardin est ma pharmacie et mon garde-manger. Tous les midis je me rends dans mon potager et je sais toujours de quoi sera fait mon déjeuner. » Elle est végétarienne et son jardin ainsi que son exploitation agricole constituent son petit paradis où poussent brèdes, salades, tomates, pommes de terre et autres légumes variés.
Elle commercialise ses fruits et légumes ainsi que ses produits artisanaux au Marché des producteurs de Saint-André, et propose également des commandes de paniers garnis.

Véritable passionnée, Céliane est aussi dans la transmission de son savoir-faire. Pour cela elle organise des ateliers à son domicile pour présenter les méthodes de fabrication de ses produits artisanaux. Elle a d’ailleurs suivi une formation en 2011 pour pouvoir accueillir des apprentis dans le milieu de l’agriculture. Elle leur rappelle régulièrement qu’il est essentiel de se former car « une fois qu’on a choisi un métier, il faut continuellement acquérir des connaissances dans le domaine. » Elle ajoute même « Le travail est la clé de la réussite et Pa kapab lé mor san esséyé. Nos erreurs constituent nos expériences et nous font avancer. »

Le déroulé des journées de Céliane illustre bien son courage : 3 fois par semaine, elle se lève à 3 heures du matin et part dans son exploitation agricole à Saint-Paul d’où elle ramène fruits et légumes. Aussitôt arrivée, elle attaque leur transformation dans son atelier à Saint-André.

Céliane, aussi connue sous le nom des « Trésors de Mamie Céliane » ne reste pas sur ses acquis et continue d’élargir ses connaissances. Par exemple il y a peu de temps elle a suivi une formation sur le tressage de feuille de coco afin de pouvoir réaliser elle-même des paniers naturels pour ses produits. C’est sa façon de mettre en avant l’écologie et de bannir le plastique.

« Mamie Céliane » rêve d’un monde où toutes les habitations auraient un jardin de plantes, de fruits et de légumes. Pleine de sagesse, elle affirme, « Je voudrais que tout le monde aime la terre autant que moi parce qu’elle nous donne tout et qu’il faut la respecter. Je souhaiterais qu’il y ait un retour à la terre et que tout le monde arrive à être autonome tout en prenant conscience que les choses simples sont les meilleures. »
Céliane est fière d’être agricultrice et aimerait que ce métier, qui est aussi un métier pour la femme, soit davantage reconnu et que ses consœurs qui œuvrent dans ce milieu osent se mettre en avant.



Olga ILAMOUCHA : La force tranquille

Olga Ilamoucha, le regard pétillant, dégage une impression de force tranquille qui contraste avec son apparence menue. A 66 ans, elle est la mère de 5 filles et d’un garçon, qui lui ont donné 11 petits-enfants et 6 arrières petits-enfants.

Bien qu’ils aient tous quitté le cocon familial, ses enfants viennent régulièrement lui rendre visite et.il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne prennent de ses nouvelles.
La vie d’Olga n’a pas toujours été facile. Avec ses neuf frères et sœurs, alors qu’elle est âgée de 9 ans elle se retrouve orpheline de mère, désorientée, dans une famille semblable à « un bateau sans capitaine ». A 12 ans, contrainte par la misère ambiante de l’époque, elle quitte le domicile de Sainte-Suzanne avec sa plus jeune sœur pour aller vivre chez les religieuses de Saint-Pierre jusqu’à ses 16 ans Ses activités journalières au couvent se résument à la fabrication d’hosties et à l’accompagnement des personnes plus âgées. Elle a le gîte et le couvert, aucune rémunération et accepte les vêtements qu’on lui donne de temps en temps.

C’est à l’église qu’elle va rencontrer le futur père de ses enfants, avec qui elle ira vivre à Sainte-Suzanne De cette union naîtront ses 6 enfants qui deviendront rapidement le centre d’intérêt de sa vie. Elle subvient aux besoins de la famille en travaillant en tant que cantinière puis à l’accueil de l’Ecole des Trois Frères. Soumise et malheureuse elle finit par se séparer de son compagnon et par la même occasion quitte Sainte-Suzanne pour venir s’installer à Saint- André avec ses enfants, en 1991.

Devenue mère célibataire, elle enchaîne alors des petits boulots, puis fait des ménages pour des particuliers pour assurer une meilleure vie à sa famille. Marquée par la dureté de sa vie d’avant, elle n’a qu’un seul but : voir ses enfants réussir et qu’ils n’aient pas à vivre ce qu’elle a vécu. En effet, Olga avait du mal avec la communication orale, elle bégayait, ne parlait qu’en créole et avait peur de s’exprimer en public, même si elle avait des choses à dire Vers l’âge de 45 ans, elle décide de prendre un nouveau tournant dans sa vie en effectuant une remise à niveau suivie de différentes formations qui vont contribuer à vaincre sa peur de prendre la parole et à lui faire gagner en assurance. Elle concilie ainsi apprentissage et travail mais un accident de voiture va la contraindre à stopper son activité.

Clouée à la maison, elle se réfugie dans les livres, sa passion depuis toujours. En effet, Olga ne tarie pas d’éloges sur la lecture et elle affirme que c’est dans les livres qu’elle a puisé sa force et trouvé les clés pour affronter les difficultés de la vie et surmonter la souffrance. D’ailleurs, elle a été profondément marquée par le livre de Betty Mahmoody « Jamais sans ma fille », car elle se retrouve entièrement dans le personnage qui prône l’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant. Olga ne cesse elle-même de partager sa fierté d’avoir pu donner une bonne éducation toujours basée sur le dialogue à ses enfants et de les voir réussir. Certes, jouer le rôle de père et de mère en même temps n’a pas toujours été évident car il a fallu user d’autorité pour se faire entendre. Mais, elle a eu des enfants respectueux et elle récolte aujourd’hui les fruits de tous ses sacrifices et de sa ténacité bienveillante Elle insiste énormément sur le fait qu’elle vit entourée de l’amour de ses enfants.

Elle tire des leçons de son parcours de vie et conseille aux femmes de ne pas être soumise : « il faut apprendre à être indépendante et il faut s’assumer financièrement. Aujourd’hui les femmes ont la possibilité de travailler, c’est plus facile qu’autrefois et cela peut contribuer à l’équilibre du couple. »
Olga n’est pas casanière, elle aime aussi faire ses promenades, pratique régulièrement sa marche en ville joignant ainsi l’utile à l’agréable. C’est également l’occasion pour elle de rencontrer des gens et d’échanger avec eux. Elle aime tout particulièrement aller à la médiathèque avec ses petits-enfants et est fière d’avoir réussi à leur transmettre son amour de la lecture.

Sa devise dans la vie « Tienbo larg pas, il faut toujours se battre ! ». Elle prend l’exemple du souvenir émouvant de la naissance de son premier petit-fils, grand prématuré, qui s’est battu pour être aujourd’hui un vaillant jeune homme.
Installée sur son balcon au milieu de ses plantes luxuriantes, un livre à la main, Olga s’évade avec sérénité dans une belle histoire. Demain est un autre jour et ne peut-être que meilleur…